Parents marocains, vous êtes violents, arrêtez d’enfanter
Libres propos
Comme si faire un enfant, c’était juste allumer une bougie en espérant que le vent ne souffle pas trop fort. Vous enfantez sans réfléchir, sans planifier, sans même vous demander si vous êtes capables d’aimer, d’éduquer, de guider.
Arrêtez de faire des enfants si vous êtes émotionnellement analphabètes.
Avoir un enfant ne vous rend pas parent. Ce qui fait de vous un père ou une mère, c’est la capacité d’aimer, d’éduquer, d’écouter et de protéger. Et si vous êtes incapables de donner autre chose que des ordres et des gifles, alors vous ne méritez pas ce rôle.
Faire six enfants alors qu’on n’arrive pas à aimer le premier, ce n’est pas une bénédiction, c’est une malédiction, pour eux, pour vous et pour la société entière.
L’amour est un luxe que vous ne donnez pas
Beaucoup d’enfants au Maroc grandissent dans des foyers sans affection. Le mot « je t’aime » y est étranger. On ne parle pas, on crie. On ne console pas, on frappe. On ne discute pas, on ordonne. Et quand l’enfant montre de la souffrance, vous l’accusez d’être ingrat.
Un enfant a besoin de tendresse, d’amour, d’écoute, de reconnaissance et de stabilité émotionnelle. Pas juste d’un lit, d’un morceau de pain et d’un cartable. Et surtout pas de violence.
Vous ne les éduquez pas, vous les cassez
Certains enfants arrivent à l’école déjà brisés, par les cris, par les humiliations, par les coups et les menaces, par l’indifférence et par l’amour conditionnel : « Si tu obéis, je t’apprécie, si tu désobéis, tu ne vaux rien. ». Ce n’est pas de l’éducation, c’est du dressage brutal, sans cœur, sans pédagogie, sans humanité.
Et puis vous vous étonnez qu’ils deviennent violents, qu’ils rejettent l’école, qu’ils mentent ou qu’ils fuguent. Vous dites : « Il est comme ça, c’est son caractère. » Non. C’est vous qui l’avez façonné comme ça. C’est votre froideur, votre absence, votre mépris qui l’ont détruit.
La religion comme excuse à la négligence
« Dieu pourvoira », dites-vous. Est-ce Dieu qui va protéger votre enfant de votre colère, de vos insultes, de vos claques ? Vous oubliez que la foi n’est pas une excuse pour fuir vos responsabilités. Elle est censée vous pousser à être de meilleurs parents, pas à vous en laver les mains.
La foi n’excuse pas la maltraitance : vous pouvez prier autant de fois par jour, mais si vous criez sur votre enfant le reste du temps, si vous le frappez, si vous l’ignorez, alors vous êtes injustes. Dieu ne vous a pas demandé de faire des enfants pour les abîmer.
Alors par pitié, réfléchissez avant d’enfanter. Et si vous n’êtes pas capables d’aimer profondément, d’élever avec patience, d’orienter avec douceur, ne faites pas d’enfants.
Dr Jaouad MABROUKI
Psychiatre, Psychanalyste







